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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 12:16

Entre ciel et eau : la ferme aquacole de Tamaris

On arrive à la ferme Sud Fish Tamaris, la traversée a duré ... une minute.  



Sur le ponton, ça va mieux. Deux jeunes stagiaires nous accueillent. On dirait une maison de vacances sur l'eau : il y a tout ce qu'il faut pour assurer un confort suffisant, le silence en prime. Tout de suite, la visite commence et Bruno répond à nos questions qui déboulent en désordre sur le fonctionnement de l'élevage. (Il répète même gentiment deux ou trois fois pour ceux qui ne suivent pas !)
 


Sur les passerelles qui séparent les « bassins » d'élevage, nous nous déplaçons avec prudence. Bruno, lui, est comme... un poisson dans l'eau ! Chaque « bassin » est en fait un immense filet suspendu qui « contient » à peu près 200 m
3 d'eau où évolue la biomasse : jeunes daurades, loups et maigres. La ferme reçoit les alevins de Sète, car produire des alevins est un métier particulier et assez  « pointu ». Nous assistons au nourrissage : les stagiaires lancent dans les bacs, des pelles de granulés de fabrication entièrement bio et composés de blé et soja à 40 % et de protéine de poisson à 60 %. L'unique fournisseur se trouve en Bretagne. Les poissons se ruent sur la nourriture dans un bouillonnement de nageoires et d'écailles argentées. Les mouettes, à l'affut, viennent picorer quelques granulés perdus sur les passerelles. Contrairement aux élevages standards, le taux de biomasse dans les filets est ici très inférieur aux normes exigées.

La baie du Lazaret, de 4 à 6 mètres de profondeur, est calme mais parcourue par un courant léger qui permet une bonne oxygénation de l'eau et son renouvellement ainsi qu'un traitement naturel des déchets des poissons. La totalité de la biomasse de tous les élevages de la baie ne doit pas dépasser un maximum défini, pour des raisons d'équilibre biologique. C'est ce qui explique que la seule extension possible pour une entreprise réside dans l'acquisition d'une exploitation existante. L'eau a été analysée et les taux de métaux lourds sont très en dessous des normes européennes. Dès que les résultats définitifs seront connus, et traduits en langage compréhensible par tout un chacun, ils nous seront communiqués.

Les mouettes ne sont pas les seules à s'intéresser à l'élevage de la ferme. Bruno nous raconte que les cormorans plongent loin des bassins et viennent blesser ou tuer des poissons à travers les mailles des filets, sans pour autant pouvoir avaler leurs victimes. Mais les cormorans sont des oiseaux de mer protégés... Nous voyons aussi, ce jour-là, des couples de hérons qui rodent : heureusement que des filets sont tendus au-dessus des bassins. Hélas, il y a aussi des prédateurs humains qui tentent, la nuit, de voler du poisson à l'aide d'une épuisette, en faisant une entaille dans les filets. Cela nécessite une surveillance nuit et jour, surtout en période estivale.

 

Le soleil s'impose peu à peu et nous réchauffe : ça prend encore plus un air de vacances (ça, c'est le regard du touriste amapien !). Pierre arrive à son tour ; c'est à lui de répondre aux questions qui concernent la commercialisation et le choix, dès le départ de travailler avec les AMAP et en bio plutôt qu'avec « la grande distribution ». La ferme fournit 32 AMAP sur un rayon de 100 km. La production annuelle de 35 tonnes de poissons permet d’assurer trois salaires, les investissements pour l’entretien et l’amélioration des installations (reprises en mauvais état) et la couverture des frais de fonctionnement. Bientôt, un temps plein et un mi-temps supplémentaires vont être créés. Pierre nous explique que leurs collègues proches – qui les voient travailler et les envient – doivent produire 70 tonnes en production classique (nourriture intensive, taux de biomasse élevé dans les bassins, croissance accélérée des poissons) pour parvenir à garantir les trois salaires. Il est vrai que les supermarchés leur achètent le poisson 8 € le kilo quand l'AMAP permet de négocier des contrats à 13 € le kilo (par lots de deux kilos) ! L'éleveur peut dès lors envisager sereinement le développement de son entreprise sans être en permanence taraudé par la question de sa survie. Le consomm'acteur paie moins cher qu'au supermarché, un poisson de meilleure qualité, pêché le jour même et placé dans un mélange d'eau et de glace pour le tuer sans souffrance. La coopérative des Sablettes est rarement mise à contribution pour stocker du poisson. Deux camionnettes assurent enfin les livraisons aux AMAP.

Respect de l'environnement et de l'animal, meilleures conditions de vie et de travail pour l'éleveur et sa famille, nourriture de qualité : l'existence – et le bon fonctionnement – d'une AMAP concrétisent une utopie d'aujourd'hui.

                                                                                        















Mais Pierre est aussi un fin gourmet qui sait recevoir dignement ses visiteurs : devant nos appareils photos numériques qui salivent, il nous prépare un carpaccio de filets de maigres macérés dans le citron, l'huile d'olive, pesto, poivre et sel. Pendant ce temps, le rosé circule. Puis ce seront des filets grillés, accompagnés de vin blanc de Correns. Les amapiennes ont apporté la quiche, le pain et le gâteau faits main. Elle est pas belle, la vie ?

Autour du repas – pris à l'intérieur, car la grisaille est de retour – Pierre et Bruno nous parlent de leur parcours respectif, de leur projet de reprendre deux élevages voisins dont les propriétaires se dirigent vers la retraite. Cette extension s'avère nécessaire pour obtenir la labellisation bio (en effet, la proximité d'un élevage non bio à moins de 300 mètres empêche l'obtention de la certification AB, même si les poissons sont déjà nourris avec des aliments bio).

 




Il faut songer à prendre congé de nos hôtes.
Quelle journée de découvertes ! Pour chacun d'entre nous, c'était une première. Les mains se serrent, les sourires s'échangent. On reprend le bateau. Tiens, la pluie est de retour.

 

 
Samedi 7 novembre. Le ciel est bien gris, la mer aussi quand les six amapiens de Lorgues arrivent au débarcadère de Tamaris. Il pleut même franchement quand Bruno accoste ; nous montons (ou plutôt nous descendons) dans la barque ...

Ça boulègue, il faut répartir la charge pour rester en équilibre, pas vraiment à l'aise, les sourires un peu retenus...
Heureusement la mer est étale et le calme de Bruno nous rassure : « C'est pas un bateau pour le tourisme ! » Ah bon ...?

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